D’horizon en Abstraction

logo-festival-CMJNToutes les photos de l’exposition inaugurée en novembre 2017 au festival de Montier. Cette exposition était constituée tirages fine art sur papier  Hahnemühle Photo Rag® Satin – impression Déclic Editions – 14 format 70×90 contrecollé dibond et une série de 12 petits cadres en 32×32 encadrement avec rehausse et verre musée.

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Les coulisses de la série : Comment ? Pourquoi ? ou Le corps dans tous ses états 

Quel est donc le rôle du corps dans l’acte photographique ? Comment donner corps au photographe lui-même à travers ses œuvres, et leur imprimer une signature physique aussi personnelle que l’est une écriture manuscrite ?

Tout a commencé par une réflexion sur l’originalité d’une œuvre. Qu’est-ce qui caractérise (ou pas !) l’unicité d’une photographie ? L’œil du photographe ? Bien sûr. Mais aussi son corps, dans son être et dans ses mouvements. C’est en cherchant à replacer ce corps dans l’acte photographique qu’est née cette série, comme un retour à la définition littérale de la photo-graphie. À travers une réécriture du paysage avec pour seul encrage la lumière, j’ai apprivoisé l’éclat du crépuscule. Mais avant toute chose, j’ai travaillé sur mon propre corps, sur ma gestuelle et ma respiration, pour pouvoir esquisser chaque image d’un geste unique à main levée, à la façon d’un calligraphe. Pas de surimpression. Pas de filtre. Simplement le souffle. Le geste. Un arrêt sur image qui réduit parfois la plaine à sa plus simple expression : l’horizon. Une ligne, une griffure, qui suffit à structurer l’espace, et qui emporte le regard aux confins du réel et de l’abstraction.
Au fil des années de pratique, mon corps se plie plus sûrement à l’exercice. Je suis peu à peu parvenue à effectuer des gestes complexes durant le court temps de pose (entre 1/25 et 2 s) et à conserver assez de netteté pour guider le regard et laisser dériver l’émotion.

Expérimenter le mouvement a été un aboutissement naturel : depuis toujours, je souhaitais concilier à la fois ma peinture d’hier et ma photographie d’aujourd’hui. Grâce à mes filés, j’ai enfin retrouvé cette sensation propre au maniement du pinceau trempé dans l’encre : un geste qui fend l’espace. Une émotion immédiate. Une calligraphie numérique spontanée inventée sans trépied, à main levée. Pas de droit à l’erreur. Pas de possibilité de refaire à l’identique. Cette capture instantanée de la lumière conjointement par le capteur et par le mouvement rend à la photographie son unicité. Ce qui est plutôt rassurant dans ce monde numérique où l’on a tendance à croire que tout est toujours reproductible à l’infini.

Pour les plus curieux : un reportage de France 3 où l’on me voit concrètement à l’oeuvre…

Le reportage complet sur l’édition 2017 du festival de Montier en Der en suivant le lien !